
(Paroisse de Lurs – Secteur paroissial "Les 4 Rives)
L’intérieure de la chapelle (Petit historique sans prétention)
Autrefois Notre Dame des Anges s’appelait Sainte Marie d’Aulun ou Notre Dame d'Aulun.
Alaunium était une grosse station romaine sur la via Domitia. entre Gap et Apt en direction de Cavaillon et reliant l’Italie à l’Espagne.
Cette ville a été détruite par les Vandales vers 408 et jamais reconstruite, (sauf l’église).
Le lieudit situé au dessus de notre chapelle s’appelle de nos jours encore « le Puy d’Aulun ».
L’actuel chemin de Grande Randonnée GR.653D qui va de Rome à Saint Jacques de Compostelle emprunte la Via Domitia sur une grande partie de son itinéraire et passe donc devant notre chapelle.
Venu d'Afrique du Nord ce sont saint Vincent et saint Marcellin, au cours du 4éme siècle, qui ont apporté le christianisme dans nos régions
La première chapelle sur le site d’Aulun remonte au début de la chrétienté en Haute Provence. Elle a été détruite et reconstruite à plusieurs reprises, et elle est toujours là.
Notre Dame d’Aulun est nommée dans une bulle du pape Eugène III en avril 1152 elle portera ce nom jusque vers 1665.
Cette chapelle ancienne forme ce que l’on appelle la « crypte" ou "chapelle des miracles" de l’église d’aujourd’hui.
De tout temps on est venu en pèlerinage à Notre Dame des Anges.
Même lorsqu’elle était en ruine, les gens continuaient à venir y prier et demander des grâces et toujours la chapelle était reconstruite.
En 1150 Mgr. de Sabran, évêque de Sisteron établi, comme gardiens de la chapelle, les religieux Templiers, mais cela ne dura que quelques années et les prêtre diocésains on repris le relais.
Vers 1390, au temps de la peste en Provence, les habitants de Forcalquier et ses environs, ont fait le vœux d’y venir en pèlerinage le 2 août (fête de la Portioncule, chère à St François d’Assise) à chaque fois que ce jour tomberait un dimanche.
A la fin du 16éme siècle à la suite des guerres de religion, une fois de plus la chapelle était en ruine, sans porte et sans toiture elle servait d’enclos pour les bêtes, tellement que les
paroissiens de Pierrerue, quant ils venaient en procession, étaient obligés de tout nettoyer avant d’y célébrer la messe.
A cet époque le tableau dit « des miracles » est toujours présent au dessus de l’autel mais il est en lambeau.
(La chapelle dont on parle ici est la chapelle « des miracles » au font de l’église actuelle)
Malgré la ruine on y vient de Pierrerue, Forcalquier, Niozelles, La Brillanne, Volx, Lurs et autres lieux.
Au début du 17éme siècle Mgr de Glandève, évêque deSisteron, commence la rénovation de la chapelle en y faisant refaire la toiture et la porte.
Entre 1653 et 1656 on fait état, de musiques angéliques, de lumières surnaturelles et d’apparitions de la Vierge dans et autour de la chapelle encore en mauvais état. Ces faits ont été confirmés par de nombreux témoins interrogés juridiquement.
C’est à cette époque que la chapelle pris le nom de Notre Dame des Anges.
Le 2 Août 1655 il y eu le miracle de la guérison de Jeanne Valensan, fillette de Forcalquier qui était paralysée.
A la suite de ce miracle les pèlerins étaient de plus en plus nombreux et les prêtres diocésains ne suffisaient plus à les recevoir.
Mgr D’Arbaud fit appel aux religieux Franciscains « Récollets » qui avaient un couvent à Forcalquier.
Le 5 Mai 1661 Mr Pierre Feutrier fit don à la chapelle d’un « coin de terre » en reconnaissance des grâces et faveurs reçues.
L’acte d’établissement des Récollets fut signé le 2 novembre 1661.
Il fallu faire construire un couvent pour accueillir les religieux et un logis-auberge pour accueillir les pèlerins.
La « chapelle des miracles » étant bien petite il fallu entamer aussi la construction d’une nouvelle chapelle qui garderai dans son font l’ancienne chapelle.
Cette construction à eu lieu en 2 temps
- D’abord la nef centrale.
Dés avant l’arrivée des pères Récollets le premier coup de pioche fut donné le 10 juin 1660 et la première pierre fondamentale posée et bénite le lendemain.
Cette construction à été entamée sous la direction de Mr Esprit Rochas architecte à l’Isle sur Sorgues.
En 1663 le premier plan fut modifier pour adopter celui de la chapelle de Notre Dame de la Portioncule prés d'Assise, sous la direction du père Janipère Ribiés deuxième gardien du couvent et lui même architecte.
La nef centrale, fut édifiée entre 1661 et 1674. Elle fut bénite le 12 mai 1674. La tribune ou se trouve l'autel du haut ainsi que les 2 escaliers furent édifiés en 1677.
- Dans la construction on avait prévu la création ultérieure
des six chapelles latérales.
La chapelle de gauche en regardant l’autel, fut bâtie en 1675 par le marquis de Forbin-Jeanson, seigneur de Mane en l’honneur de Notre Dame de Pitié.
La chapelle de droite fut bâtie par le marquis de Niozelles, Gaspard de Glandéve et l’honneur de St François d’Assise.
Une troisième chapelle fut bâtie en 1721 par Claude Boin de Lurs, en l’honneur de Saint Claude puis de Saint Antoine de Padou.
Les trois autres chapelles furent érigées en 1729 par le Père Hubert Palun, gardien du couvent et amis de Mgr Lafiteau, en l'honneur de saint Joseph, de sainte Anne et de Saint Joachim.
Il a fallu un siècle pour que l’église soit dans la forme architecturale qu’on lui voit actuellement. Elle fut consacrée par Mgr Lafitau le 2 août 1755 sous le vocable de la "Sainte Parenté de Marie".
La chapelle antique est enclavée dans la grande église. Elle forme une chapelle souterraine appelée «chapelle des miracles » à cause du « tableau des miracles » qui surmonte l’autel dont elle est ornée.
Cette toile existe depuis fort longtemps mais elle a été restaurée à de nombreuses reprise dont au 18éme siècle, peut être par Aubanel et en 1995.
L’autel et les boiseries autour de cette chapelle sont du 18éme siècle et les toiles sont, pour certaines de la même époque et pour d'autres restaurées à cette même époque et encore restaurées en 1995.
A la révolution la chapelle a été entièrement pillée sauf la « chapelle des miracles » que les gens alentour avaient remplie de foin pour la sauvegardée.
A cet époque la chapelle et le couvent ont été vendus aux enchères comme biens nationaux.
Conformément à l’accord intervenu avant la vente entre la commune de Lurs et l’éventuel futur acquéreur, celui ci a rétrocédé gratuitement la chapelle à la commune de Lurs pour qu’on puisse y célébrer la messe chaque dimanche pour les paroissiens du quartier qui étaient nombreux à cette époque.
Il ne reste quasiment rien du mobilier, vases sacrés, vêtements et autres objets du culte ainsi que des ex-votos datant d’avant la révolution française. Seuls une dizaine de ces ex-votos ont été sauvegardés.
Le nombre des ex-votos ornant de nouveau notre chapelle et datant d'après cette révolution font état des nombreuses grâces reçues par l’intermédiaire de Notre Dame
Aujourd’hui encore les grâces du Seigneur sont répandues sur notre terre, encore faut il les demander avec foi.
En 1995, en reconnaissance de grâces reçues, Frédérique Maillart à sculpté et offert la sculpture de la « résurrection », qui forme la base de notre autel actuel.
De nos jours, des nombreux pèlerinages qui se faisaient à Notre Dame des Anges, seuls subsistent celui du lundi de Pentecôte et celui du 2 août ou l’on peut obtenir l’indulgence plénière de ses péchés en respectant les formes prescrites par l’Eglise.
Actuellement, entre le lundi de Pentecôte et la fin août, lorsqu’une messe dominicale est programmée à Lurs, elle est célébrée en cette chapelle. (sauf le 15 Août, solennité de l’Assomption de la Vierge Marie ou elle est célébrée à la chapelle de Notre Dame de Vie, située au bout de l’allée des évêques en haut du village de Lurs).
Maurice Falcot 03-2023