Georges Brassens - La prière

C'est un peu une litanie pour notre temps que chantait, en 1953, Georges Brassens avec son «Je vous salue, Marie».
Sur des paroles de Francis Jammes, Brassens fait de Marie le témoin silencieux de nos réalités quotidiennes. Une manière d'actualiser la salutation à Marie avec des mots d'aujourd'hui, de rappeler que c'est bien de la vie des hommes que jaillit l'authentique prière
(extraits de La prière. Editions Musicales Ray Ventura).

 

Par le petit garçon
qui meurt près de sa mère
tandis que des enfants s'amusent au parterre ;
et par l'oiseau blessé qui ne sait pas comment
son aile tout à coup s'ensanglante et descend,
par la soif et la faim et le délire ardent :

je vous salue, Marie.

Par les quatre horizons qui crucifient le Monde,
par tous ceux dont la chair se déchire ou succombe,
par ceux qui sont sans pieds,
par ceux qui sont sans mains,
par le malade que l'on opère et qui geint,
et par le juste mis au rang des assassins :

je vous salue, Marie.

Par la mère apprenant que son fils est guéri,
par l'oiseau rappelant l'oiseau tombé du nid,
par l'herbe qui a soif et recueille l'ondée,
par le baiser perdu par l'amour redonné,
et par le mendiant retrouvant sa monnaie :

je vous salue, Marie.