Le « miracle » du randonneur perdu dans le massif de la Sainte-Baume.

Reçu d'un ami dominicain : le miracle de la Sainte-Baume, il y a quelques jours.
Le « miracle » du randonneur perdu dans le massif de la Sainte-Baume.

randonneur perdu dans la sainte baumeAprès être resté perdu cinq jours et cinq nuits dans le massif de la Sainte-Baume (Var), un randonneur septuagénaire a trouvé refuge en pleine nuit au sanctuaire de la Sainte-Baume. Réveillé dans la nuit, un jeune de l’École de vie du sanctuaire, Julien, l’a découvert, extrêmement affaibli. Troublante coïncidence quand on sait que, quelques heures plus tôt, ce Julien avait prié le chapelet pour que l’homme soit retrouvé.

« Miracle ». C’est le fils du randonneur retrouvé qui n’hésite pas à employer ce mot pour raconter ce qu’il s’est passé à nos confrères de France-info. Parti le jeudi 18 juin pour ce qui ne devait être qu’une randonnée d’une journée dans le massif de la Sainte-Baume, André Tréguet, soixante-dix ans, se perd en chemin. Durant cinq jours, il ne parvient pas à retrouver le bon sentier, atterrissant à chaque fois au même endroit. Les provisions qu’il avait emportées pour la journée s’amenuisent. L’homme se retrouve bien vite sans nourriture et sans eau. Il est obligé de boire son urine pour ne pas mourir déshydraté. Pendant ce temps les secours s’activent. Les gendarmes organisent des recherches, un hélicoptère sillonne le massif. En vain.

« Jeudi soir, nous avons entendu les hélicos. Nous n’avions aucune idée de ce qu’il pouvait se tramer », raconte Julien, 32 ans, alors membre de l' École de Vie au sanctuaire de la Sainte-Baume tenu par des frères dominicains. Le lendemain, le jeune homme va au-devant des gendarmes qui lui apprennent la disparition du septuagénaire. « Dès ce moment, j’ai porté cette personne et sa famille dans la prière ». Le week-end passe. Julien quitte exceptionnellement la Sainte-Baume pour aller fêter l’anniversaire de son père. Lorsqu’il revient, il apprend que l’homme est toujours recherché.

« Je lui ai donné à boire »
« Le lundi, je me suis senti mu par quelque chose. Il fallait organiser un chapelet communautaire, prier ensemble pour la vie de cette personne », se souvient-il. Le soir, à 20h30, ils sont une dizaine à se réunir au pied de la croix pour prier le chapelet à cette intention. Puis chacun part se coucher.

En pleine nuit, Julien se réveille. Il est environ 1h30 et le jeune homme sort de sa chambre. Dehors, il entend un bruit. « Je n’arrive pas bien à entendre. Je fais encore quelques pas. Là, j’entends crier "A l’aide !". C’était très fort, j’en ai eu des frissons. Tout de suite, j’ai compris que c’était le monsieur qu’on recherchait. » Le jeune homme file s’habiller puis retourne vers l’endroit d’où avait jailli le cri. Il voit alors qu’une des salles de l’hostellerie est ouverte, « chose qui n’arrive jamais la nuit », relève Julien. Le septuagénaire est là, devant lui, extrêmement affaibli, avec quelques égratignures. « Je lui ai dit que tout allait bien désormais. Je lui ai donné à boire ». Alertée par le bruit, une jeune fille de l’École de vie arrive et veille sur le randonneur tandis que Julien court appeler les secours. « Ils sont arrivés très vite. Quinze minutes plus tard, il était pris en charge »*.

« Mince ! Mais on est vraiment écouté !!! ».
Pour le frère dominicain Paul-Marie Cathelinais qui réside à la Sainte-Baume, deux choses sont particulièrement étonnantes dans cette histoire. « D’abord, ce monsieur s’est retrouvé en pleine nuit chez nous, alors qu’il était complètement perdu depuis cinq jours et que les gendarmes avaient déployé énormément de moyens. L’autre élément troublant est que c’est Julien qui a eu l’intuition de prier pour lui et qui nous a proposé de prier le chapelet ensemble - ce qui n’est pas forcément habituel chez nous. Le fait que ce soit lui qui l'ait découvert en pleine nuit est très étonnant, relève le dominicain responsable de l’École de vie. Ces deux choses me font dire qu’il y a là un signe de la Providence ».

« Sur l’instant, on ressent avec évidence que notre prière a été exaucée, confie Julien. On en est même un peu bouleversé. On se dit : "Mince ! Mais on est vraiment écouté !!!" ».

Une fois le randonneur pris en charge par les secours, Julien s’est recouché. « Mon âme était envahie par beaucoup de choses. Je n’ai pas réussi à dormir. J’entendais cette parole :"Il est bon que vous vous réunissiez ensemble pour prier". Nous l’avons fait le lendemain pour rendre grâce. Je ressens au fond de moi cette demande du Ciel de prier ensemble le chapelet. »

La conversion de Julien... à la Sainte-Baume
Julien achèvera le 30 juin son temps d’École de vie à la Sainte-Baume, un lieu qui avait déjà changé sa vie quelques années plus tôt. Il y a quatre ans, Julien qui n’était pas baptisé et qui pratiquait le bouddhisme, a fait une randonnée dans le massif. Arrivé au sanctuaire, il a assisté à une messe et a été pris par un flot de larmes. Le lendemain, après avoir dormi sur les lieux dans sa voiture, il a pu rencontrer un prêtre qui lui a proposé de se confesser. « Je ne savais pas ce qu’était un sacrement. Durant cette rencontre, j’ai à nouveau été submergé par les larmes. Je suis tombé au sol et le Frère a posé sa main sur mon cœur. Là, une paix m’a inondé. La souffrance qui habitait mon âme a été évincée par la paix. Dans ma personne, j’ai compris que tout allait bien aller. ».

Julien a entamé un chemin de catéchuménat. Il a été baptisé un an plus tard puis confirmé. C’est dans un désir de cohérence de vie et une volonté de discerner qu’il a décidé de quitter son travail en maison de retraite pour rentrer à l’École de vie de la Sainte-Baume, en janvier dernier. Passé le 30 juin, il ne sait pas encore ce que la « Providence » lui réserve. « J’ai postulé pour travailler avec l’association Le Rocher. J’attends la réponse. Durant ce temps d’École de vie, j’ai reçu un fruit ; celui de pouvoir dire à peu près : "Que Ta volonté se fasse dans ma vie" ».

Hugues Lefèvre

*Selon France-info, le retraité de 70 ans était toujours hospitalisé à Aubagne le 25 juin. Son fils a par ailleurs confié que son père était « très croyant » et qu’il avait fait appel à Dieu pour s’en sortir. « Ce fut pour lui un vrai chemin spirituel. Et il espère rencontrer rapidement les frères dominicains »

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