Carême 2020 - Progresser en sainteté

C’est le vœu que nous formons pour chacun de vous pendant ce carême. Mais comment progresser en sainteté ? Et dans quel but ? Pour moi seul ou pour ma communauté chrétienne ? Pour moi seul ou pour le monde entier ?

Si je veux annoncer le Christ de façon explicite, je dois, avant, Le connaître et L’avoir rencontré. Ce ne sera pas une doctrine ou une idéologie que je vais annoncer mais une personne, le Christ que j’aurais pris soin auparavant de découvrir comme un ami. Nous vous invitons donc, pendant ce carême, à commencer un nouveau chemin de prière qui, peut-être, deviendra durable dans votre vie. La Lectio divina et l’oraison avec la révision de vie ou la relecture de ses journées…

Avant tout, je vous invite à vous procurer un petit cahier, que j’appellerai cahier de sainteté ou de sanctification. Ce petit cahier, précieux et personnel, va me permettre de relire mes journées en notant ce qui a été et ce qui a été moins bien aux yeux de Dieu et à mes yeux. Je pourrai ainsi facilement le reprendre pour préparer ma confession mensuelle pendant laquelle je me suis bien souvent entendu dire « Je ne progresse pas, je fais toujours les mêmes péchés... ».

Ce cahier va me permettre d’écrire quotidiennement, ou de façon régulière lors de mes temps d’oraison, de lectio divina ou de relecture de journée, mes découvertes, mes peines, mes joies et ainsi formaliser mes progressions et mes reculs, mes inspirations dans la Parole de Dieu, toujours sous le regard de Dieu et de Sa bienveillante miséricorde.

  1. La lectio divina(lecture divine)
    Nourris-toi de la Parole !

 

« Nous croyons que la Bible contient la Parole de Dieu révélée. Mais elle n’est pas réduite à un texte. Cette parole doit reprendre vie et elle le fait dans le quotidien de la prière ». Dans la Parole, Il a caché tous les trésors, pour que chacun de nous trouve une richesse dans ce qu’il médite.

La lectio divina, un nouveau printemps spirituel

 

« La lectio divina est souvent considérée comme une pratique nouvelle issue du monachisme. Mais c’est faux : c’est une pédagogie qui a été au cœur de la vie chrétienne pendant les premiers siècles de l’Église. Elle s’est peu à peu retirée dans les couvents et les monastères car les gens ne savaient plus lire », souligne le père Christophe de Dreuille . Elle a ressurgi au cours de la seconde moitié du XX e siècle. Deux papes ont joué un rôle majeur afin de la faire sortir des cloîtres : le pape Jean Paul II et Benoît XVI. « Cette pratique, si elle est promue de façon efficace, apportera à l’Église, j’en suis convaincu, un nouveau printemps spirituel », avait ainsi déclaré Benoît XVI en 2005.

Mais de quoi s’agit-il concrètement ?

Cette pédagogie se découpe en quatre étapes : la lectio, la meditatio, l’oratio et la contemplatio.

La lectio consiste à lire et relire un passage de l’Écriture sainte en en recueillant les principaux éléments.

« Cette étape permet d’accueillir la parole de Dieu en rendant l’homme plus attentif à ce que ce texte vient susciter en lui comme impression, comme point d’étonnement. Dans cette première étape, la personne qui prie est dans l’écoute de la Parole, non dans la prise de parole. C’est une écoute gratuite, cordiale, qui permet de goûter ce que l’on reçoit… », détaille le prêtre du diocèse d’Aix et Arles.

Vient ensuite la meditatio, qui est «comme un temps d’arrêt intérieur, où l’âme se tourne vers Dieu en cherchant à comprendre ce que Sa parole dit aujourd’hui pour la vie concrète ».

 « La méditation déploie ce que la lecture a donné comme nourriture », insiste le père Christophe de Dreuille.

Deux questions peuvent nous aider à vivre cette étape de la prière :

- Qu’est-ce que cette parole me dit de celui qui nous parle ?

- Qu’est-ce que cette parole me dit pour moi aujourd’hui ?

Attention, prévient le père Christophe, « l’idée n’est pas de faire de la lecture de la parole de Dieu un simple exercice intellectuel. Celui qui nous parle à quelque chose à nous dire. C’est un pas de plus dans la rencontre, Il nous enseigne ».

L’étape suivante, appelée oratio, permet de s’entretenir avec Dieu dans un dialogue direct.

« C’est le moment de traduire cette écoute en une prière de réponse. Le Seigneur a parlé et souhaite qu’on puisse répondre. On entre ici dans un dialogue. Après avoir écouté, à chacun de répondre : cela peut prendre la forme d’un acte de foi, d’une prière de supplication pour ses fautes, d’une demande de pardon, d’une prière d’intercession ou encore d’une prière de louange et d’action de grâce ».

Vient enfin, la contemplatio, un temps d’adoration

Cette dernière étape est l’accomplissement de cette rencontre. « À ce moment-là, je peux vivre en Sa présence. Cette contemplation se vit dans un silence riche de la parole échangée. C’est un temps d’adoration, par exemple », développe le père Christophe.

« Tout chrétien est invité à prier de cette manière-là. Il n’y a pas de crainte à avoir de ne pas comprendre, ce qui est important est de recevoir et de progresser dans la compréhension ». « Et elle peut bien évidemment faire office de temps de prière personnelle quotidien ! », souligne encore le prêtre, tout en rappelant qu’elle nécessite au moins 20 minutes par jour, soit cinq minutes par étape. Son but : unifier et déployer la vie spirituelle de chacun.

  1. La relecture de ma journée

Le but de cette relecture de ma journée est d’expérimenter, par la prière d’Alliance, une manière de prier. D’abord et avant tout, le Seigneur me fait le don de l’Alliance en laquelle il me propose de vivre avec Lui, jour après jour.

C’est une prière : de toi à moi, parler comme un ami parle à un ami. Ce n’est pas un bilan de moralité de ma journée.

En contemplant le film de ma journée, je me mets en état de re-connaissance, c’est à dire de connaissance renouvelée de ce qu’il m’a été donné de vivre. Comment le Père m’a-t-il engendré aujourd’hui ?

Revoir donc mes pensées, mes paroles, mes actions, non pas pour les classer en bonnes ou en mauvaises, mais pour prendre conscience, dans la lumière de la foi, de ce qui m’est « arrivé », de ce qui est survenu en moi lors de tel événement, telle rencontre, telle décision prise.

« Les événements qui ont été vécus ne sont rien par eux-mêmes. Seule compte la manière dont nous les faisons nôtres en leur donnant un sens. L’homme qui ne revient pas sur ce qu’il a vécu en reste à la surface de lui-même. Il n’y a pas d’expérience dans la pure facticité de l’événement. La relecture est le passage au langage et rien n’est réellement humain qui n’accède au langage. » (P. 1. Thomas, Christus n° 170).

Relire et relier les instants de notre vie

Parce que nous sommes des êtres de mémoire, pétris de passé, fondamentalement inscrits dans le présent aussi, il nous est donné, en effet, de relire notre vie autrement, en revenant par exemple, sur les effets produits en nous par ce que nous avons vécu, en reconnaissant les fruits que nos choix ont pu porter ou ne pas porter, en réentendant certains mots, regardant ce qu’ils ont pu, à une certaine époque provoquer, étant attentifs à ce qu’ils provoquent aujourd’hui.

« C’est moi le Seigneur ton Dieu qui t’ai libéré de l’esclavage », Ex. 20, 2.

Cette parole s’adresse à nous aujourd’hui. Relire notre quotidien sans nous placer en présence du Seigneur, c’est prendre le risque de rester toujours sur les mêmes images, les mêmes événements qui reviennent parce qu’ils font écran. Nos pesanteurs et nos opacités ont besoin d’être déposées en Celui qui les transforme... «Si je ne te lave pas, tu n’as pas de part avec moi», Jean 13, 8. Nos jugements hâtifs sur nous-mêmes et sur les autres sont à exposer à Sa lumière, qu’ils rencontrent le regard créateur, recréateur, de Celui qui nous rend la vue.

quelques conseils pratiques

Je me rends présent à Dieu maintenant, là ou je suis avec ce que je suis. Mon corps se rend disponible. Ma respiration s’apaise. Un geste pour Lui signifier (J’ouvre les mains, je fais le signe de croix... ) ou une prière simple. « Seigneur me voici devant toi ».

Je Lui demande sa Lumière : Il est le seul qui puisse me révéler la vraie teneur de ce que j’ai vécu. Je lui demande de voir ma journée selon son cœur et son regard à Lui. Je me mets sur la bonne longueur d’onde, dans la foi en un Dieu miséricordieux, Dieu de vie, d’amour, de vérité.

Je reconnais et rends à Dieu Ses grâces : Je fais défiler ma journée...

Seigneur je veux d’abord te remercier parce que Tu m’as aidé, je me sens en paix, j’ai pu me rapprocher de telle personne, je me sens plus serein, j’ai su vivre le temps présent, j’ai pu mieux prier... Je te remercie de ce que je suis, de ton don.

Je reconnais ce qui maintenant devant Dieu me donne de la joie, de la vie, des élans d’amour. Je suis content de telle ou telle chose. Je reconnais ainsi devant le Seigneur sa bonté pour nous, sa puissance.

Je me confie à Sa miséricorde

En relisant ainsi ma journée en « tenant la main de Dieu » et en contemplant ses dons et les signes de sa présence, je perçois mes infidélités. Je perçois une confusion intérieure, quelque chose qui me « pince», me « titille » et me dit que je n’étais pas dans sa pleine Lumière.

Je repère en moi un décalage entre ce que je crois être du Seigneur (amour, justesse, justice, vérité, bienveillance... ) et mon attitude dans telle circonstance (non-amour, jugement, rejet, envie, mensonge... ).

Pour tous ces manques, il y a la place dans le cœur de Dieu. Je me love dans sa tendresse, je Lui demande pardon et je me confie à Sa miséricorde. Jésus est venu pour revivifier tout ce qui était desséché et mourant. Je m’offre à poursuivre la route de demain.

« Le pain pour la route »

A partir de cette reconnaissance des dons de Dieu, mais aussi de mes chemins de ténèbres, de mon péché, quel pas je peux faire demain sous la tendresse de Dieu : quelle attitude, démarche, vigilance je désire adopter?

Quel point concret je choisis pour vivre davantage en alliance avec mon Seigneur? Je le propose au Seigneur et lui demande son aide.

Sources : - CVX : Communauté de vie chrétienne est une association internationale de laïcs catholiques, hommes et femmes, qui ont adopté la spiritualité ignacienne dans leur relation avec Dieu et manière de vivre. - viechretienne.fr - aleteia.org

Mon cahier de sanctification...

Je n’oublierai pas, pendant ce temps de prière, de noter un verset de la Parole de Dieu qui a particulièrement retenu mon attention. Pendant la méditation et l’oraison, l’Esprit-Saint aime nous visiter et nous donne parfois des inspirations, ou motions intérieures, comme autant de petits conseils qui peuvent venir éclairer notre foi et nous guider dans notre vie quotidienne. N’hésitez pas à les noter comme un petit guide à relire ensuite.

L’oraison et la méditation
Est-ce la même chose ?

Chacune révèle un moyen différent de prier. La méditation et l’oraison sont deux expressions de la prière chrétienne. On pourrait croire qu’elles recouvrent la même réalité mais ce sont bel et bien deux façons diverses de prier.

Le Catéchisme décrit la méditation comme « une recherche priante qui met en œuvre la pensée, l’imagination, l’émotion, le désir. Elle a pour but l’appropriation croyante du sujet considéré, confronté avec la réalité de notre vie. » (CEC 2723)

Par la méditation, « l’esprit cherche à comprendre le pourquoi et le comment de la vie chrétienne, afin d’adhérer et de répondre à ce que le Seigneur demande. » (CEC 2705).

Ce mode de prière est souvent associé à la pratique de la Lectio divina qui consiste à méditer à partir de la lecture des Écritures. C’est une façon de réfléchir aux réalités de la vie et à sa propre place dans l’univers.

L’oraison est elle « un commerce intime d’amitié où l’on s’entretient souvent seul à seul avec ce Dieu dont on se sait aimé », d’après les mots de sainte Thérèse d’Avila.

Le Catéchisme la décrit en ces termes :

« L’oraison mentale est l’expression simple du mystère de la prière. Elle est un regard de foi fixé sur Jésus, une écoute de la Parole de Dieu, un silencieux amour. Elle réalise l’union à la prière du Christ dans la mesure où elle nous fait participer à son Mystère. »  (CEC 2724)

On pourrait résumer l’oraison à cette phrase : « Je L’avise et Il m’avise », qui était la réponse d’un paysan d’Ars à son curé lui demandant ce qu’il faisait si longtemps devant le tabernacle.

Alors que ces deux modes de prière nourrissent notre relation à Dieu, l’oraison est celle qui permet plus particulièrement à l’amour de s’exprimer et de se réaliser.

L’oraison, c’est contempler une personne, c’est contempler Dieu lui-même.

Pour résumer, on pourrait dire que la méditation nous aide à connaître Dieu, alors que l’oraison nous aide à L’aimer.

Mon cahier de sanctification...

Après la Lectio divina, il sera bon de noter quelques points clés de la relecture de ma journée. Ces petites notes auront pour but de pacifier mon cœur et surtout de progresser spirituellement de jour en jour, tranquillement.

Avant d’aller me confesser, je pourrai les relire pour une confession vraie et en profondeur.

Les Mées

Saint-Auban

Malijai

Volonne

Peyruis

L'Escale

Dabisse

Montfort

Lurs

Sourribes