La messe ailleurs, un des plaisirs des vacances

acces Famille ChrétienneL'un des plaisirs des vacances est aussi d’aller « ailleurs » à la messe.
Les voyages forment la jeunesse et la messe dominicale, en particulier, fait découvrir d’autres horizons.
Dans les pays étrangers, un bon moyen de sortir des circuits imposés – un guide vous traîne de lieu remarquable (trois étoiles sur le guide) en site à ne pas rater (pictogramme en forme d’œil de Caïn pour vous rappeler de prendre des photos), dans les couloirs de musées bondés comme le RER C, où on parle à peu près toutes les langues sauf la vernaculaire – est de vous échapper pour aller à la messe. On y rencontre de vrais autochtones menant la vraie vie du vrai pays, loin du village Potemkine mâtiné de Disneyland proposé par le tourisme de masse. On y découvre le catholicisme universel – les petites Thérèse et Bernadette ont leur niche à Dubrovnik comme à Dakar – et le catholicisme local, qui parfois vous donne des complexes : ici, on ne craint pas de s’endimancher ; là, on sait ce que c’est que s’agenouiller. Le respect humain serait-il spécifiquement européen ?
INDIANA JONES À LA CAMPAGNE
Mais inutile de courir à l’autre bout du monde. Pour être dépaysé, il suffit parfois de profi ter de l’été pour s’aventurer à la campagne, de faire son Indiana Jones en plongée dans le bénitier de certaines paroisses déshéritées. Comme le décrit Jean Sévillia dans La France catholique (Michel Lafon) : de profondément rural, le catholicisme français est devenu aujourd’hui essentiellement urbain.
La dame qui fait chanter, pourtant, est pleine de bonne volonté : sa voix tonitruante tient lieu de chorale, elle couvre l’assistance aux vocalises défaillantes. Il faut dire qu’elle prend trop bas le couplet, trop haut le refrain. On essaie au moins de fredonner le début et de raccrocher à la fin. Les adolescents pouffent de rire. D’ailleurs, ils ne connaissent pas ce cantique, il ne fait pas partie du répertoire «tradismatique» qui fait fureur dans les grandes villes.
Le livret de chants, comme le reste – la paroisse pourrait s’appeler Saint-Hibernatus – date pour ainsi dire du pré-paléolithique, les années 1970, quand, disons-le de façon pudique, la création artistique n’était pas mirifique.
Ici, on ne s’agace pas de la liste d’attente des louveteaux qui n’avance pas : la meute n’existe pas. On ne soupire pas non plus de devoir prendre son élan pour réussir à inviter à déjeuner son curé : son carnet de bal est aussi peu rempli que les corbeilles de sa quête. Il est riche en revanche de clochers, qu’il parcourt inlassablement, sans ménagement pour sa santé, priant Dieu de lui donner un jour le don d’ubiquité.
C’est énervant, les enfants qui ricanent comme des ânes. Mais que sait-on de ce qu’ils pensent derrière les apparences ? Peut-être ont-ils soudain conscience de leur chance le restant de l’année. Peut-être même, en contemplant ce prêtre pathétique ou héroïque, voire un peu les deux, se promettent-ils d’être un jour missionnaires, dans leur propre pays, pour une France périphérique amnésique qui a oublié qu’elle était catholique.

*Auteur de Adieu Simone ! Les Dernières Heures du féminisme, Le Centurion.
FAMILLECHRETIENNE.FR • N°2171 • SEMAINE DU 24 AU 30 AOÛT 2019

 

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