Nous vous invitons à voir...

MESSAGE D’ESPERANCE.

Petits dialogues de confinement au jour le jour. (Le frère Alain Quilici répond, de manière très simple et sous la forme d’un dialogue entre Theodule et le P. Anselme, à des questions que beaucoup se posent en ce moment !).

 5 ème chronique du P. Anselme.


Théodule : Cher Père Anselme, pendant des semaines nous avons vécu comme entre parenthèses. Nous étions dans un présent inhabituel. Chacun l’a vécu à sa façon selon qu’il était seul ou en compagnie, bien logé ou mal logé, occupé ou désoccupé. Quelle réflexion cela vous suggère-t-il ?
P. Anselme : Il me semble que dans l’esprit de tout un chacun ce présent ne devait pas durer. Un jour ou l’autre, ce temps arrêté devait reprendre son cours. On n’imaginait pas que la situation puisse ne jamais changer. C’eut été désespérant.
Théodule : Nouvelle parabole. Le Seigneur avait averti, lui qui invitait à interpréter les signes des temps. Que nous enseigne cette attente, un peu longue, mais pas interminable ?
P. Anselme : Elle nous parle d’espoir. Elle nous a rappelé de façon cuisante que l’homme ne peut pas vivre sans espoir.
Théodule : L’aurait-on oublié ?
P. Anselme : Les générations précédentes, celles de tes parents et de tes grands-parents ont connu de grandes espérances. Celle qui a le plus mobilisé les foules fut l’espérance de lendemains qui chantent. On parlait d’une nouvelle société, juste et fraternelle, on savait où on allait. On y allait tout droit, et ceux qui en doutaient étaient éliminés sans scrupules : ils étaient un obstacle à la réalisation d’une grande espérance. On y croyait. On sait quels malheurs s’en sont suivis, quels drames ce furent pour tant de déçus broyés par la machine infernale qui avait été mise en marche.
Théodule : Plus récemment, ce sont les marchands qui me semblent avoir pris le pouvoir. Pour ne pas avouer qu’ils ne pensaient qu’à gagner beaucoup d’argent, ils ont vendu de l’espérance, celle d’une société nantie, dont tous les besoins seraient satisfaits, surtout une société sans risques. Les « assureurs » étaient les maîtres de la situation, ils vous « assuraient » que vous étiez bien protégés et bien « couverts ». Avenir garanti sans risque. D’une certaine manière, ils dispensaient d’avoir à espérer : il n’y avait plus rien à espérer puisqu’on avait tout.
P. Anselme : Ce que tu dis saute d’autant plus aux yeux qu’on vient d’en être privés.
Théodule : Dans ce tohu-bohu, les chrétiens parlent d’espérance, et d’une espérance surnaturelle, un bonheur infini, mais pour plus tard, au-delà de la mort. Cette promesse peut-elle être prise au sérieux par les gens sérieux, je veux dire par ceux qui estiment être sérieux, ceux, les mêmes, qui ne croient que ce qu’ils voient, et qui n’espèrent que ce qu’ils tiennent ?
P. Anselme : Aussi, pour qu’une fois de plus les chrétiens ne se laissent pas emporter par le flot puissant des idées toutes faites, ces idées qui se font passer pour la vérité, il faut rappeler aux baptisés ce qu’est vraiment leur espérance, leur rappeler que l’espérance qu’ils ont reçue est un don, et un don fait par Dieu. Ce n’est pas une vague promesse. C’est une promesse ferme, déjà en partie tenue.
Théodule : Notre Seigneur Jésus le Christ a donc ouvert les yeux de ses fidèles sur plusieurs réalités qui précisément ne sautent pas aux yeux.
P. Anselme : Oui. Il les a d’abord assurés de la réalité de la vie éternelle. Il leur a ensuite ouvert la porte d’accès à cette vie éternelle. Il leur a enfin fait la grâce d’inaugurer déjà en leur vie présente la réalité de cette promesse. Le drame de nos contemporains, c’est qu’ils ne croient pas vraiment à la réalité de la vie éternelle.
Théodule : Il faut dire que ce n’est pas facile d’y croire.
P. Anselme : Il y faut la foi. Foi et espérance sont liées. Et puis, n’oublie pas que le don de l’espérance est un don actif. Le baptisé n’est pas simplement informé que la vie éternelle en Dieu est une réalité, il reçoit les moyens pour y arriver, et, dans son âme, les prémices de cette espérance. L’avenir est un acquis.
Théodule : Cela voudrait dire que le chrétien n’est pas seulement
quelqu’un qui attend un avenir meilleur, mais quelqu’un qui vit déjà cet avenir meilleur.
P. Anselme : Oui, par la grâce de son baptême, toute sa vie est transformée. Quels que soient les malheurs qui l’accablent, il sait où il va, il sait que ce qu’il vit n’est pas privé de sens. Il est comme un marin expérimenté qui se voit déjà arrivé à bon port, alors qu’il est encore dans le brouillard et les aléas de la navigation.
Théodule : L’espérance devrait donner aux baptisés une force incomparable pour affronter le présent.
P. Anselme : Aussi bien la leur donne-t-elle. Car cette force ils ne la puisent pas en eux-mêmes. Elle leur est donnée. Comme hommes ils vivent comme tous les autres, bercés des mêmes illusions et des mêmes rêves improbables. Mais comme baptisés ils ont déjà leur avenir en main. Ils avancent dans la vie « comme s’ils voyaient l’invisible ». Ils possèdent déjà ce qu’ils espèrent.
Théodule : Voilà qui me rappelle le témoignage de ces croyants, de simples baptisés, des prêtres et même des évêques qui ont tenu ferme dans des conditions écrasantes. Et Hélas, il ne manque pas d’exemples de ces persécutions dont les baptisés sont sans cesse les victimes. Je pense à cet évêque chinois qui a passé des années en isolement. Confiné, pendant des années, seul, dans un cachot ! Quelle horreur !
P. Anselme : Hélas ! Telle est la cruauté de l’homme. Pour répondre à ta question du début, je dirai que le long confinement des mois de mars et avril 2020 aura eu le mérite de nous rappeler la force et la réalité de la vertu d’espérance. Nous n’avons pas seulement vécu dans l’attente d’être déconfinés, ce qui serait assez dérisoire. Il nous a été rappelé combien nous devions rendre grâce à Dieu d’avoir illuminé notre présent, de nous avoir donné de vivre dès maintenant de plain pied avec notre avenir éternel.
Théodule : Magnifique !

                                                    frère Alain Quilici, o. p.
                                                    Province Dominicaine de Toulouse
                                                    https://www.dominicains.com/reflexions-en-temps-de-pandemie/

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