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Christophe Castaner donne sa propre définition de la prière

 
Christophe Castaner, Capture écran Le Grand Jury/RTL

Mathilde de Robien | 04 mai 2020

Le Ministre de l’Intérieur était l’invité de l’émission Le Grand Jury sur RTL, ce dimanche 3 mai. Interrogé sur la date de reprise des messes, il a donné sa propre définition du culte, quelque peu réductrice. Au-delà de cette bataille de mots subsiste une vraie question sur l’ingérence de l’Etat dans la vie de l’Eglise.

Le journaliste n’y a pas été par quatre chemins. Le directeur de la rédaction du Figaro Magazine, Guillaume Roquette, a demandé à Christophe Castaner, au micro de RTL ce dimanche 3 mai 2020 : « Vous ne faites pas confiance aux évêques catholiques français quand ils vous ont proposé un plan de distanciation pour pouvoir rouvrir les églises aux cultes avant le mois de juin ? ». Ce à quoi le Ministre de l’Intérieur, également Ministre des Cultes, a répondu que « rouvrir tous les lieux de culte n’est pas la meilleure idée pour lutter contre la promiscuité », avant de donner sa propre vision des choses : « Je pense que la prière n’a pas forcément besoin de lieu de rassemblement où on ferait courir un risque à l’ensemble de sa communauté religieuse ».

A l’heure où les catholiques sont impatients de retourner à la messe, le Ministre des Cultes semble faire fi des nombreux aspects que revêt la messe, – notamment la prière communautaire et le sacrement de l’Eucharistie. Car on aurait beau prier de toutes ses forces, le corps du Christ n’est pas donné dans une pochette surprise à la caisse du supermarché du coin.

Des mots qui ont fait réagir sur les réseaux sociaux, notamment des prêtres. L’abbé Simon d’Artigue, à Toulouse, reste dubitatif sur les prérogatives que s’accorde le Ministre. Le père Jean-Baptiste Nadler se contente d’inviter à la lecture du livre L’Oraison, problème politique de Jean Daniélou qui souligne les difficultés liées à la juxtaposition d’une religion personnelle dans une société laïque. Quant à l’abbé Christian Venard, aumônier militaire, il met en exergue un extrait des réflexions faites par Mgr Laurent Camiade, évêque de Cahors, le 29 avril, sur la délicate répartition entre l’autorité de l’Eglise et celle de l’Etat :

« Il est nécessaire de rappeler avec fermeté que l’autorité de l’Église, en son âme et conscience, est entière et non discutable, dans sa manière d’organiser le culte à l’intérieur des églises. Celles-ci lui sont affectées de manière exclusive, gratuite et définitive, selon la Loi de 1905. En faisant entrer les célébrations cultuelles dans le cadre des rassemblements, tous interdits, une sorte d’amalgame transparaît. De fait, en matière sanitaire, il semble y avoir peu de différence entre aller au cinéma ou dans une église pour une assemblée liturgique. Or l’enjeu ou la nécessité vitale entre ces deux démarches ne peut être comparée.

Lorsque, pour des raisons sanitaires, l’État impose des règles à toute la société, l’Église s’y soumet librement parce qu’elle reconnaît l’autorité civile en tant qu’elle est responsable du Bien commun et de la sécurité des personnes.

Comme l’a si bien enseigné le saint pape Jean-Paul II, qui avait connu deux totalitarismes, il est nécessaire de développer des sphères d’autonomie entre le politique et le religieux. Cette autonomie est réciproque et nécessite un entier respect de part et d’autre des droits et des devoirs de chacun : l’État et l’Église. » (Mgr Laurent Camiade, évêque de Cahors, 29 avril 2020).

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